Hommage à Assia Djebar : un moment magique

L’auditorium du Petit Palais était comble, ce mercredi 10 février 2016, pour rendre hommage à la grande femme de lettres, écrivain, cinéaste, qu’était Assia Djebar, disparue il y a tout juste un an. Un après-midi magique, suspendu à une oeuvre que les prestigieux intervenants ont égrainé par petites touches : lectures, chants, tables-rondes attestant de l’apport majeur d’Assia Djebar à la culture mondiale.

Anne Hidalgo, maire de Paris, a salué l’oeuvre de l’académicienne, « cette grande dame immortelle » qui, « par son talent, qui est bien le sien, a traduit, écrit, expliqué et touché nos imaginaires et nos vies ». Elle a repris la proposition de Fadila Mehal de donner le nom d’Assia Djebar à une bibliothèque parisienne.

Photos et vidéo ci-dessous pour revivre cet événement.

 

Discours d’introduction de Fadila Mehal, présidente la Commission culture, patrimoine et mémoire du Conseil de Paris et présidente de La république ensemble :

Bonjour à tous. Merci d’être venus nombreux pour honorer une grande dame de la littérature, Fatem Zohra Imalayen plus connue sous le nom d’Assia Djebar.

Assia nous a quittés voilà un an, presque jour pour jour, et c’est pour célébrer son Å“uvre et ses engagements que vous êtes venus si nombreux cet après midi, dans ce lieu prestigieux du  petit Palais, musée des beaux arts de la ville de Paris qui lui ressemble tant : beau, majestueux rempli de gravité et riche d’une mémoire séculaire et plurielle. Assia est parmi nous en pensée grâce à sa fille Jalila que je salue, ses nièces Fella et Amel, et vous tous sa famille de cÅ“ur, de combat et d’espérance.

Le 6 février dernier à l’annonce de sa disparition, le Conseil de Paris unanime a souhaité qu’un hommage lui soit rendu par la ville de Paris, ville qu’elle aimait tant et où elle vécut de longues années. Naturellement en tant que Présidente de la commission culture patrimoine et mémoire de Paris, j’ai mis toute mon énergie à concrétiser ce vÅ“u en veillant à ce que sa mémoire soit respectée, que ses mots soient transmis avec l’amour qu’elle y mettait, ciselés à l’aune d’une pensée qu’elle voulait universelle au service de la langue Française.

Mais au delà de mon titre de conseillère de Paris, une autre raison me pousse à être ici avec Assia Djebar.

Nous avons toutes deux, Cherchell notre ville natale, en partage. Cherchell de « la femme sans sépulture » et des femmes du Mont  Chenoua  qu’Assia a fait rentrer presque par effraction dans l’inconscient collectif en leur redonnant dignité et visibilité. Oui nous sommes un peu ses héritières, elle qui de l’Algérie coloniale à l’académie française a permis que des ponts se tissent entre ces deux pays que l’Histoire avaient malmenés, déchirés et qu’Assia avait tenté de réconcilier.

Je voudrais remercier tous ceux grâce à qui l’hommage fut possible. L’équipe du Petit Palais * d’abord et son directeur Christophe Leribault *. Mireille Calle-Gruber, Présidente de l’association Archive Claude Simon et ses contemporains, le cercle des amis d’Assia Djebar au premier rang sa présidente Amel Chaouati, l’université Sorbonne nouvelle, et aussi Electron libre production grâce à qui nous pourrons diffuser un extrait du beau documentaire « Assia Djebar, la soif d’écrire »réalisé par Frédéric Mitterand et Virginie Oks .Un grand merci à Yannis Chebbi et Michael Kazan qui ont permis qu’une captation puisse avoir lieu aujourd’hui. Pourquoi ne pas le dire, leur société de production se bat chaque jour pour que les écrans de nos télévisions soient moins pâles et pour cela ils méritent tous nos encouragements.

Merci aussi à tous les intervenants d’avoir tout de suite dit oui, certains sont venus de loin, merci Maissa Bey, je ne vais les citer tous car nous allons les découvrir, merci aussi au talentueux comédiens Daniel Mesguich, Djurdjura, Patrick Potot qui donneront vie et corps aux si beaux textes d’Assia Djebar.

Pour terminer par un message d’avenir, Assia aimait transmettre et je fais le vÅ“u qu’au delà de cet hommage, certes important, la ville de Paris aille plus loin et décide dans un avenir proche de donner son nom à un établissement culturel et qui mieux qu’une bibliothèque, elle qui a mis au service de la littérature ?

J’espère que nous serons ensemble pour cette inauguration avenir. En politique chacun le sait quand il y une volonté il y a un chemin.

 

Cet hommage a été organisé par la Mairie de Paris, en partenariat avec la Sorbonne nouvelle et les associations le Cercle des amis d’Assia Djebar et Archives Claude Simon et ses contemporains et La République ensemble.

Petite revue de presse ici.