Camps migrants

Réfugiés d’hier et d’aujourd’hui : les nouveaux indésirables ?

Avec l’association « Harkis et droits de l’Homme », présidée par Fatima Benamara, et dont la porte-parole est Fatima Besnaci-Lancou, et notre association «  La République ensemble »,  nous projetons d’organiser une grande rencontre sur la question des migrants en France et en Europe, car c’est un enjeu majeur pour l’idée que nous nous faisons du monde et des valeurs que nous défendons en tant que démocrates. Cette question ne concerne pas seulement les réfugiés-migrants mais nous concerne tous. Elle questionne à la fois nos valeurs humaines, notre sens éthique et notre approche de la responsabilité.

En début d’année 2018, nous proposerons à la Mairie de Paris, déjà très engagée sur le sujet, une grande rencontre qui fera un état des lieux des questions, des actions menées et surtout des perspectives à venir.

Les camps d’hier ?

Le 12 novembre 1938, sous la Troisième République, un décret permit l’internement des « étrangers indésirables » dans des « centres spécialisés ». Contrairement à la procédure « juridico-policière » traditionnelle, l’internement administratif vise des personnes non pour ce qu’elles ont fait (ou sont présumées avoir fait) mais pour le danger potentiel qu’elles représentent aux yeux de l’État du seul fait de leur présence sur le sol français. En 1938, elle vise principalement les réfugiés espagnols… suivent les juifs, les tziganes, les indochinois, les harkis… « Ces centres spécialisés » ne sont rien d’autre que des camps.

La « jungle » d’aujourd’hui ?

En novembre 2002, le ministre de l’intérieur ordonne le démantèlement du Centre de Sangatte à Calais où depuis 1999 se trouvent de nombreux migrants fuyant leur pays pour aller en Angleterre, pour chercher du travail, et où ils ont parfois des proches – famille ou amis. La première jungle est alors construite dans la forêt aux alentours du port, peu après la fermeture du centre. Ces centres improvisés voient leur population se multiplier à la suite de la crise migratoire des années 2010. Qui sont-ils ? Des réfugiés et des demandeurs d’asile provenant d’Afghanistan, d’Érythrée, du Darfour, d’Irak, de Syrie… Ils fuient la misère, la violence de la guerre, la sécheresse, parfois les trois…

Pour en parler ?

Des spécialistes et de grandes personnalités reconnus sur le sujet sont pressentis, sous réserve de confirmation:

Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche du CNRS

Denis Peschanski, professeur à Paris-Sorbonne, directeur de recherche du CNRS

Geneviève Dreyfus-Armand, conservateur général honoraire des bibliothèques, présidente du Centre d’Études et de Recherches sur les Migrations Ibériques

Michel Agier, anthropologue, directeur de recherche de classe exceptionnelle à l’IRD  et directeur d’études à l’EHESS

Michel Tubiana, avocat, président d’honneur de la LDH et président du réseau Euromeds Droits

Joseph Krulic, juriste et historien, président de section à la Cour nationale du droits d’asile

… et de nombreuses associations militant sur le terrain ainsi que des élus concernés.